Géolocaliser vos photos
Avec l'avènement des nouvelles technologies dans le domaine de la photographie, nos mœurs évoluent. Et force est de constater que nous avons maintenant un comportement totalement différent sur l'utilisation de nos fichiers numériques.
Une de ces différences, par rapport à la photographie argentique, est que nous partageons beaucoup plus facilement nos photos, et ce, vers un plus grand nombre de personnes. Il suffit par exemple de déposer des photos sur un site communautaire et très vite, des centaines voir des milliers de personnes peuvent les regarder et les commenter.
Ce phénomène induit une approche plus globale. Désormais, pour utiliser pleinement le potentiel de nos photos, il est fortement conseillé d'y apporter une vraie valeur ajoutée. Cela passe par une légende détaillée, des informations de prises de vues (données EXIF), et si possible le lieu où la photo a été prise.
C'est ce dernier point que j'aimerais développer ici ; comment renseigner une photo de manière à la positionner précisément sur une carte ? Cela s'appelle la géolocalisation. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous expliquer pourquoi j'en suis venu à géolocaliser mes photos.
Comme vous le savez peut-être, j'ai eu l'occasion d'effectuer des stages et des voyages photo. Lors d'une de mes dernières sorties sur l'ile de Ré, j'avais préparé mon travail en repérant à l'avance les endroits intéressants à visiter. J'ai découvert des outils tels que Google Map, Google Earth ou Flickr. Et à partir d'une simple option à cocher, vous pouvez voir les différentes photos qui ont été prises dans les environs. Cela permet de se faire une idée plus précise des lieux et de réfléchir à la manière dont vous pouvez réaliser vos compositions. Ça a été le déclic qui m'a poussé à vouloir faire de même en géolocalisant mes photos.
Ou sont stockées les informations ?
Que vous choisissiez de prendre vos photos au format JPEG ou RAW, il existe un emplacement spécifique, intégré dans vos fichiers, qui contient des renseignements forts utiles. Il y a les informations de prise de vue, c'est-à-dire la date, la focale, le diaphragme, le programme d'exposition, les ISO, mais aussi par la marque de votre appareil photo et le type d'objectif utilisé.
C'est ce que l'on appelle, les informations EXIF.
Il existe aussi d'autres informations connues sous le nom d'IPTC. Elles concernent l'auteur, le droit de reproduction, le titre, et les descriptions. Pour faire simple, les informations EXIF sont renseignées par l'appareil - ou le logiciel de traitement - et les autres données sont à ajouter à la main.
Lorsque l'on géolocalise une photo, on ajoute des champs supplémentaires dans les informations EXIF. Elles contiendront donc, en plus, les coordonnées GPS de la photo et éventuellement leur orientation.
Différentes façons pour géolocaliser ses photos
Il y a deux techniques différentes pour géolocaliser ses photos.
La première consiste utiliser un programme externe qui va “taguer” vos photos à l'aide d'un logiciel cartographique ; on positionne un point sur une carte, on obtient les coordonnées GPS puis on renseigne la photo.
La deuxième méthode consiste à utiliser un boitier GPS qui va enregistrer les coordonnées en plus de la date et de l'heure. Le “tag” des photos se fera, soit directement à la prise de vue, soit par un logiciel qui comparera les heures de capture.
Géolocaliser en utilisant la méthode par logiciel
Le principal avantage de cette solution, c'est que vous pouvez vous en sortir sans rien acheter en plus. Il suffit de télécharger un ou deux logiciels et de se munir d'un peu de patience. Par contre, avec cette méthode vous obligera à vous souvenir du trajet que vous avez emprunté. Le principe est de refaire le parcours sur une carte et de pointer les endroits visités.
Apparemment, il existe beaucoup de logiciels qui permettent de géolocaliser vos photos. Un de ceux que j'ai retenus s'appelle BreezeBrowser Pro. Couplé avec Google Earth , il s'occupera de tout. Son utilisation est très simple : sélectionner les photos (JPEG ou RAW), aller dans le menu Tools > Geo-Tag using Google Earth… . BreezeBrowser Pro se réduira sous la forme d'une fenêtre. Positionner le réticule dans Google Earth puis cliquer sur le bouton Geo-Tag.
Malheureusement, BreezeBrowser Pro est payant (70$), nous verrons un peu plus loin que GeoSetter peut faire à peu près la même chose, tout en étant gratuit.
Géolocaliser en utilisant un boitier GPS
Alors que certains appareils photo sont déjà munis de GPS intégrés, d'autres nécessiteront un boitier externe qui se couplera avec l'appareil. Une autre possibilité consistera à utiliser un appareil de mesure indépendant des prises de vue. Ce type de boitier, muni d'une carte mémoire pour le stockage des données, s'appelle : “GPS data logger”.
Ces modules GPS ont l'avantage d'enregistrer de manière exacte la position d'où a été prise la photo. L'inconvénient, c'est qu'il faudra encore acheter un appareil supplémentaire. Compter entre 60 et 200 €. Rassurez-vous, les boitiers à 60 € feront parfaitement l'affaire.
Si vous utilisez Adobe Photoshop Lightroom ou un autre logiciel pour cataloguer vos photos, il faut savoir qu'ils ont leur propre système pour stocker les informations dans un cache. Ce qui veut dire qu'une fois que vous aurez géotaggé vos photos en passant par un logiciel tiers, vous devrez dire à Lightroom de relire les informations contenues dans le fichier. La marche à suivre est la suivante ; sélectionner vos photos, puis dans le menu Métadonnées > lire les métadonnées depuis le fichier. Après un certain temps, vous verrez apparaitre dans les informations EXIF les coordonnées GPS avec un lien qui vous permettra de vérifier votre position sur Google Map.
Cas concret
J'ai fait l'acquisition d'un GPS de type data logger, voici comment je l'utilise :
i-gotU

I-gotU est un boitier blanc, simple, étanche et très sexy. Il est recouvert d'une protection bleu clair qui l'empêche de glisser. De forme rectangulaire, sa petite dimension (46 x 41.5 x 14 mm) permet d'être emporté partout ; dans la poche, à la ceinture, dans le sac à dos. Il est pourvu d'un grand bouton en façade qui permet de l'allumer, de l'éteindre ou de passer en mode Bluetooth. Un code de diode permet de connaître l'état en cours. Le reste de la configuration se fait par logiciel en passant par le câble USB fourni. Son prix ? Environ 70€.

Concrètement, avant de partir en balade, je l'allume, puis je le laisse dans la poche. Il va tout d'abord s'initialiser, puis régulièrement, enregistra sa position GPS dans sa mémoire interne. Pendant ce temps, je me promène, et je prends des photos.
Une fois rentré chez moi, je connecte l'i-gotU à mon PC, puis je récupère le tracé du chemin parcouru. À ce moment, on a la possibilité de renseigner ses photos directement, mais pour ma part, je préfère travailler sur un autre logiciel, j'exporte donc le chemin sous un fichier au format .gpx.
Pour relier une photo à une position GPS, le logiciel va prendre l'heure de prise de vue comme référence : pensez donc à synchroniser l'heure sur tous vos appareils.
GeoSetter
GeoSetter est un logiciel gratuit sous Windows. Il permet de visualiser et de changer la géolocalisation de ses photos. De nombreuses autres fonctions lui sont aussi dévolues par exemple, la complétion des champs IPTC (ville, région, pays) en fonction d'une base de donnée mise à jour sur Internet.
Son fonctionnement est on ne peut plus simple, on sélectionne ses photos, on synchronise avec le chemin GPS précédemment enregistré. Quelques options de correction peuvent être ajoutées : décalage horaire ou temps entre les prises de vues. Une fois les informations validées, vous verrez très vite apparaître une série de points sur la carte.
Personnellement, j'ai trouvé très pratique de pouvoir regrouper des photos autour d'une même coordonnée GPS. Cela permet d'éviter de simplifier la vue. Car il faut savoir que le système GPS a beau être performant, il n'en reste pas moins imprécis ; si je me souviens bien, il faut appliquer un rayon d'incertitude qui peut aller à un mètre autour de la zone.
Conclusion
La géolocalisation des photos est encore peu développée, mais ce serait dommage de ne pas l'utiliser. Car, une fois renseignées, vos compositions deviendront autre chose qu'une simple photo ; elles se transformeront en un élément descriptif qui dira : j'y étais, voici ce que j'ai vu, et si vous passez par là regardez ce que j'en ai fait.
